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Interview d’Anna Gavalda
La scène Prévert a accueilli l’adaptation du roman d’Anna Gavalda, 35 kilos d’espoir samedi 21 janvier 2012. Cette pièce de théâtre, qui s’adresse principalement aux collégiens, évoque la vie d’un jeune garçon qui n’aime pas l’école. Avant la représentation, Anna Gavalda a accepté de répondre à nos questions.

35 kilos d’espoir est votre premier et seul roman à ce jour qui s’adresse à la jeunesse. Comment vous est venue l’envie de vous adresser à un public différent ?
« Je voulais faire plaisir à une femme que je trouvais belle et émouvante (Véronique Girard) et qui s’occupait, à l’époque, du magazine Je Bouquine. Ce texte a d’abord paru dans ce format. Tout ce que je fais et/ou écris dans la vie procède du même élan : faire plaisir à quelqu’un. Si elle avait été rédactrice en chef du magazine Notre Temps, j’aurais écrit une histoire de dentier perdu avec un narrateur âgé de 96 ans… »
Votre passé de professeur au collège vous a-t-il influencé ou inspiré pour ce roman ?
« Oui, écrire le parcours de Grégoire était une façon de rendre hommage à l’un de mes élèves de sixième qui était nul en classe, mais génial en modélisme. Nous l’ignorions bien sûr, mais un jour, il a apporté quelques-unes de ses maquettes au collège et nous avons tous été très admiratifs. Ensuite, il a continué à accumuler des notes catastrophiques, mais ses condisciples le regardait différemment : bon, l’école ce n’était pas son truc, mais c’était « un bon » quand même… D’une certaine façon, c’est lui qui nous a fait la leçon ce jour-là. Une leçon d’instruction civique, de tolérance. Le système éducatif français méprise les fantaisistes, les manuels, les curieux, les poètes, les différents. Heureusement qu’il y a des instits et des profs merveilleux, ici ou là, qui sauvent des vies… »
Vos romans font souvent référence à la fratrie et même, dans la consolante, le personnage de Claire rend hommage à votre propre sœur. La fratrie est-elle pour vous un refuge, une source d’inspiration qui révèle par ailleurs une certaine nostalgie de votre enfance ?
Je ne sais pas. J’aime bien mes frères et sœurs, j’aime bien les frères et sœurs en général et je suis souvent fascinée par le thème de la fratrie : Caïn et Abel, les sœurs Brontë, A l’Est d’Eden, Rocco et ses frères, les frères Schumacher, les sœurs Williams, le film italien Nos plus belles années … Je ne crois pas que ce soit lié à la nostalgie, plutôt à une idée de… fraternité. Frères d’armes, frères de sang, sœur de lait, Anne, ma sœur Anne, ce sont de belles expressions … Qui m’inspirent en tout cas...
« L’adaptation de 35 kilos d’espoir, je la trouve formidable »
Deux de vos romans Je l’aimais et Ensemble c’est tout ont été portés à l’écran. Vos romans semblent très propices à une transposition à l’écran...
« Je crois que c’est parce que j’aime le cinéma. Cela doit s’entendre dans mes dialogues, dans le découpage de mes scènes, dans la brièveté de mes descriptions et dans mon goût du détail. Mais je n’ai jamais été émue par les films adaptés de mes livres, je trouve que mes livres sont plus riches et plus profonds… (et plus modestes !) »
Que pensez-vous de l’adaptation sur les planches de 35 kilos d’espoir d’Alix Crambert interprétée par Carl Hallak ?
« Je la trouve formidable. je ne comprends pas pourquoi je n’écris pas un spectacle original rien que pour eux... j’y pense sérieusement... »
Vos prochains projets sont-ils tournés vers la jeunesse ou préparez-vous un roman « pour les grands » ?
« Je vais semer à tout vent… Un petit livre pour les tout-petits, un moyen livre pour les moyens et un grand livre pour les grands. On verra bien lequel des trois Boucle d’Or préfèrera… »
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