Joinville et l’âge d’or du Cinéma  

Joinville fête cette année les 100 ans de la naissance de ses studios de cinéma. Une exposition, présentée à l’Hôtel de Ville par l’association La Mémoire au Présent en septembre, a ainsi permis aux Joinvillais de redécouvrir une partie de l’histoire de leur ville qui fut à l’origine de l’âge d’or du cinéma français.



Joinville fête cette année les 100 ans de la naissance de ses studios de cinéma. Une exposition, présentée à l’Hôtel de Ville par l’association La Mémoire au Présent en septembre, a ainsi permis aux Joinvillais de redécouvrir une partie de l’histoire de leur ville qui fut à l’origine de l’âge d’or du cinéma français.

C’est en 1912 qu’un Joinvillais, Joseph Levinsky, a créé, sur un terrain situé près de l’avenue Joyeuse, un tout premier studio de prises de vue cinématographiques pour le compte de Charles Pathé et de Léon Gaumont. Mais ce studio, ancienne baraque transformée en salle obscure, montre assez rapidement ses limites. Dès 1923, l’architecte Armand Denis est mandaté par les Cinéromans de Sapène pour construire un ensemble de sept plateaux, considérés à l’époque comme étant les mieux équipés de France. Erigés à l’emplacement du studio Levinsky, sur un terrain de 16 500 m² entre les avenues Gallieni, du Président Wilson et de la rue Joyeuse, ces nouveaux studios deviennent en 1929 la propriété de Pathé-Nathan « Pathé consortium cinéma » et marquent le début de l’âge d’or du cinéma français.

Des studios à l’origine de nombreux chefs-d’œuvre du 7ème art

Tous les grands acteurs et réalisateurs passent alors par les studios où naissent de nombreux chefs-d’œuvre du 7ème art. Parmi les films tournés en partie dans les studios de la Ville, figure l’œuvre de Marcel Carné, Les enfants du Paradis, sortie en 1945 malgré les difficultés de tournage rencontrées pendant l’occupation et qui sera classée par la suite au patrimoine mondial de l’Unesco.

De l’apogée à la chute

En 1939, l’industrie cinématographique joinvillaise subit un premier coup dur avec un incendie qui détruit 6 des 7 plateaux. Un local épargné par les flammes est alors transformé en nouveau plateau puis, dès que les circonstances économiques le permettent, un troisième plateau est bâti. De nombreux films y sont tournés jusqu’en 1961, date à laquelle le petit écran prend le pas sur le grand. L’ORTF, puis la RTF et la SFP prennent ainsi possession des lieux. Les studios survivent jusqu’en 1991 avant d’être détruits pour laisser place à un ensemble immobilier résidentiel. A l’heure du passage au numérique dans la salle obscure joinvillaise, la révolution de la pellicule semble loin. Des grandes heures des studios joinvillais, reste alors le souvenir de ceux qui y ont travaillé. On dit ainsi que des producteurs, des réalisateurs et des techniciens américains, pourtant habitués aux fastueux studios d’Hollywood, ont aimé venir y travailler.