Stéphanie Fugain, interview  

Dans un café parisien, entre deux rendez-vous d’un agenda bien rempli, Stéphanie Fugain nous a accordé une interview. Elle nous parle de son combat au sein de l’association Laurette Fugain. Rencontre sans langue de bois avec une femme passionnée à l’énergie communicative.



Dans un café parisien, entre deux rendez-vous d’un agenda bien rempli, Stéphanie Fugain nous a accordé une interview. Elle nous parle de son combat au sein de l’association Laurette Fugain. Rencontre sans langue de bois avec une femme passionnée à l’énergie communicative.

Vous avez créé l’association en septembre 2002 suite à la maladie de votre fille. 12 ans plus tard, votre énergie est intacte. Qu’est-ce qui vous porte ?
« J’ai l’impression qu’être sur Terre ce n’est jamais anodin, il y a des choses que l’on doit accomplir dont on n’a pas conscience tout de suite. J’ai été danseuse pendant des années, j’ai évolué dans le show-business mais je me devais d’agir pour les autres. C’est ma fille qui m’a montré le chemin en m’offrant la plus belle leçon de vie en quelques mois de combat contre la leucémie. J’ai eu envie de continuer en restant toujours positive. L’association, c’est un wagon d’énergie permanent. Mon chagrin je le garde pour moi. On n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort ! »

« L’association, c’est un wagon d’énergie permanent »

La leucémie est un cancer du sang qui nécessite des Dons de Vie (sang, plaquettes, moelle osseuse), qui restent largement insuffisants. C’est ce qui vous a poussé à agir ?
« Lorsqu’on a appris qu’aucun de mes deux autres enfants n’étaient compatibles pour une greffe, on a pris une bombe sur la tête. La seule solution était de trouver un donneur sur un fichier mondial de donneurs de moelle osseuse. Les chances étaient très minces. Les donneurs de sang sont peu nombreux, les donneurs de plaquettes et de moelle osseuse rarissimes ! Après 11 mois de combat contre la leucémie, Laurette nous quitte. Je pars alors dans une campagne médias tous azimuts pour faire comprendre aux gens que la situation est urgente, que les malades ont besoin de nous tous pour survivre. »

Le Don de Vie doit devenir une évidence

Les Dons de Vie ont bénéficié du label « Grande Cause Nationale » en 2009. Votre action a donc porté ses fruits ?
« Les choses ont bougé mais on est encore loin du compte ! Malgré la nette augmentation des dons de sang, de plaquettes et des inscriptions sur le registre de donneurs de moelle osseuse, la France est dernière en Europe ! On a instauré les journées nationales contre la leucémie, on a versé plus de 5 millions d’euros à la recherche. Les malades continuent cependant de mourir de la leucémie. La recherche piétine faute de financement. Certains prennent conscience de l’urgence et d’autres oublient aussi vite qu’ils ont entendu notre message. On vit dans une société égocentrique. Les gens fuient la difficulté. Face à ça, je dis aux jeunes : ne repoussez pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui ! »

Comment convaincre les gens de donner ?
« Il faut continuer ce que nous faisons au quotidien : marteler notre message encore et encore, nous renouveler pour éveiller l’attention. Cela pour engager les gens à donner un peu de leur argent afin de financer la recherche, mais aussi et surtout pour les convaincre de donner un peu d’eux-mêmes. La recherche a besoin d’argent et les malades ont besoin de nous tous. On doit sensibiliser très tôt, dès l’école. C’est toute la vie scolaire qui devrait être marquée par cette notion d’engagement civique. J’aimerais qu’à l’avenir plus personne ne se pose la question du don. Cela doit devenir une évidence. »