Le risque inondation à Joinville  

Dans le Val-de-Marne, 4 730 hectares seraient submergés par une crue de type 1910 (environ 20% du territoire du département) et 220 000 habitants seraient sinistrés. Sur l’ensemble de la Région Ile de France, 780 000 personnes seraient touchées et l’impact économique est évalué à au moins 7,2 milliards d’euros (12,2 milliards d’euros sans l’action des barrages réservoirs). Sur Joinville 115 ha environ sur 230 seraient inondés soit la moitié de la commune. Plus de 5000 joinvillais sont concernés.



2 types de risque d’inondation à Joinville

- Inondation par débordement de la Marne :

Le cours d’eau sort de son lit mineur pour occuper son lit majeur. Il submerge alors les terrains urbanisés qui s’y trouvent. Ce sont des crues d’hiver avec une montée des eaux relativement lente et progressive.

- Inondation par ruissellement :

L’imperméabilisation des sols (revêtement urbain) rend impossible l’absorption de pluies d’orages intenses. Ce ruissellement sature les réseaux d’évacuation des eaux pluviales et submerge la voirie et les habitations. Ce sont des inondations plutôt estivales avec une montée des eaux rapides. Nous allons particulièrement insister sur les inondations provenant de la Marne car elles sont les plus importantes et les plus dommageables.

La crue de référence

Une crue de référence est la crue contre laquelle l’ensemble des acteurs (politiques, société civile, etc.) décide de se prémunir. Elle se caractérise par sa fréquence. Au Pays-Bas, par exemple, l’Etat a décidé, parce que plus de 60 % de la population vit au dessous du niveau de la mer, de se prémunir contre une crue décamillénale (période de retour = 10 000 ans).

En France la crue de référence est centennale (période de retour = 100 ans). Sur la Région parisienne une crue centennale s’est produite en 1910. Les données relatives à cet événement sont assez fournies pour permettre de la prendre comme référence. Pour autant il ne s’agit pas de projeter la ligne d’eau de 1910 sur le territoire d’aujourd’hui. Il faut pouvoir intégrer les modifications topographiques et hydrauliques qui sont intervenues postérieurement.

La crue de 1910 correspond à un événement complexe : c’est une "crue triple". Ce la signifie que l’importance de la crue est déterminée par l’arrivée plus ou moins simultanée de différentes ondes de crues. Le phénomène est amplifié par l’imperméabilisation des sols. La crue de 1910 résulte de la conjonction de trois ondes de crue cumulées aux caractéristiques différentes :

- Quelques précisions sur la définition d’une crue centennale :

Analyse du risque

Les inondations de la Marne à Joinville-le-Pont sont des phénomènes lents. Ainsi en janvier 1910, la montée de la Seine est de l’ordre d’un mètre en 24 heures. Les vies humaines ne sont pas directement menacées par ce type d’inondations, sauf en cas de rupture de murette entraînant des montées d’eau localisées mais rapides. Subsistent également des risques d’accidents par imprudence ou des risques indirects liés aux conditions d’hygiène et d’alimentation en eau potable. En effet, l’approvisionnement en eau potable des populations, touchées ou non par la crue, serait très fortement perturbé ; l’alimentation électrique ainsi que les communications seraient interrompues en de nombreux endroits. Les personnes dépendantes d’appareillages électriques pourraient être touchées.

Ces inondations occasionnent des dommages matériels importants liés à la hauteur et à la durée de submersion. Elles entraînent des gênes considérables pour la vie des habitants, les activités économiques et le fonctionnement des services publics. La vallée de la Marne est beaucoup plus encaissée, la crue s’étend peu sauf au sud de Saint-Maur et à Bonneuil où l’on retrouve la plaine de Créteil. L’urbanisation est beaucoup plus homogène, essentiellement constituée d’habitat pavillonnaire comportant parfois des activités artisanales et des petits collectifs. Seul le port de Bonneuil accueille massivement des activités. Sur le plan hydraulique, la boucle de Saint-Maur présente la particularité d’être dérivée par le tunnel de Joinville. Cela permet d’assurer un meilleur écoulement des eaux pour les crues intermédiaires. Pour une crue de type 1910, l’intérêt de l’ouvrage est limité, la crue de la Seine “ remontant ” jusqu’à Joinville.

Le PPRI du Val-de-Marne

Issue d’une large concertation entre les élus et les services de l’Etat, le P.P.R.I. touche 24 communes riveraines de la Marne et de la Seine. Le Préfet du Val-de-Marne et la Direction Départementale de l’Equipement sont responsables de l’élaboration du P.P.R.I menée en concertation avec les élus.

L’élaboration du P.P.R.I. est guidée par trois objectifs généraux :

Le P.P.R.I. rappelle aux usagers, aux investisseurs et aux responsables des services publics la situation de risque dans laquelle les terrains se trouvent.
Elle implique de prendre des mesures préventives. C’est l’enjeu du P.P.R.I. de réduire l’exposition au risque et la vulnérabilité des personnes et des biens. Dans ce contexte, il fait connaître aux riverains à la fois les risques encourus et la réglementation applicables en zone inondable.

Après l’enquête publique en mai et l’approbation par arrêté préfectoral en date du 28 juillet 2000, le Plan de Prévention du Risque Inondation de la Marne et de la Seine est annexé au Plan d’Occupation des Sols de Joinville-le-Pont et vaut servitude d’utilité publique.
Après un avis favorable à l’unanimité de la Commission Environnement, le Conseil Municipal a approuvé le dossier lors de la séance du 28 septembre 2000.

Le P.P.R.I. du Val-de-Marne a été approuvé le 12 novembre 2007 par arrêté préfectoral. Il est consultable sur ce site.